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Présentation des Îles

C’est l’ile principale de l’archipel avec ses 28 hectares. C’est là qu’était installée l’administration pénitentiaire et le Commandement du bagne des Iles.

Les anciens bâtiments du bagne ont été pour la plupart réhabilités : vous pourrez découvrir et visiter l’ancienne maison du Commandant (transformée aujourd'hui en Musée), l’Eglise, les cellules disciplinaires, etc. Vous verrez également certains bâtiments restés en l’état ou en voie de restauration : l’hôpital et l’asile en font partie. D'autres bâtiments ont aujourd'hui une vocation touristique : les anciennes maisons des surveillants se sont transformées en lieu de villégiature, et le mess des Officiers est maintenant l’Auberge de l’Ile Royale. Vous pourrez également croiser sur votre chemin les nombreux animaux qui vivent sur l'île en totale liberté : agoutis (petits rongeurs à l'arrière-train roux vif), singes saïmiris et capucins bruns, paons, faisans, aras, iguanes, etc. Afin de préserver l'équilibre de cette faune peu farouche, il est cependant déconseillé de la nourrir... N'oubliez pas non plus d'observer la mer, où vous pourrez avoir la chance de voir des tortues marines venir respirer en surface ! Quant à la flore, elle est luxuriante. Royale est l'île la plus fleurie. Admirerez les différentes variétés d’hibiscus, les massifs de bougainvilliers, les frangipaniers à l’odeur délicieuse, les héliconias et bien sûr... les nombreux cocotiers.

Votre balade sur l'île Royale ? Nous vous débarquons sur le ponton, au niveau du débarcadère (1) de la baie des Cocotiers. En empruntant le chemin de gauche, après une petite montée et quelques escaliers, vous atteindrez le Musée (3) , dont la visite vous remémorera les principales étapes du bagne. En prenant l’allée en pierre derrière ce Musée, vous arriverez sur le "plateau" où se trouvent le complexe hôtelier, installé dans l’ancienne Salle d’honneur des officiers (17) ainsi que dans les anciens logements des gardiens et de leurs familles (6) situés après la réserve d’eau douce (16). Après avoir dépassé ces bâtiments, et tout en longeant la réserve d'eau, vous découvrirez le quartier disciplinaire (14) dont certaines cellules ont été dernièrement restaurées. Poursuivant votre chemin en longeant le camp d'internement (12), vous arriverez à l’ancien hôpital militaire (9). A droite de ce dernier, se trouve le sémaphore (11) qui permettait de communiquer avec la Tour Dreyfus située sur le continent à la pointe des Roches (Kourou). De l'hôpital, vous pouvez choisir d'emprunter le sentier permettant d'atteindre le cimetière des enfants (10), ou de poursuivre votre balade sur le plateau à l'abri d'arbres majestueux en direction de l'église (7) qui (quand elle est ouverte), vous dévoilera les peintures de certains bagnards tels que LAGRANGE dit "FLAG". Vous longerez ensuite d'anciens logements réhabilités, mis aujourd'hui à la disposition d’administrations. Redescendant du plateau en direction de l'anse Legoff qui fait face à l’ile du Diable, vous pourrez vous baigner le long de la digue ou, si la marée est haute, dans la piscine des bagnards (18). Enfin, sur votre chemin de retour pour rejoindre l’embarcadère, vous atteindrez le treuil d'attache du cable qui permettait d'approvisionner l'île du Diable (19), les abattoirs (21), la porcherie (22) puis l’ancienne forge (23).

On ne peut pas aller au Diable. L'île est interdite. D'abord parce qu'y accéder est dangereux, comme autrefois s'en évader. Sur ses côtes de rochers noirs, les vagues se fracassent avec violence, et avant elles, de forts courants découragent les nageurs curieux. Quelques-uns y sont parvenus. «Des touristes m'ont approché le plus possible de l'île en bateau. Evidemment on n'a pas pu accoster. On était deux, je n'ai pas osé me dégonfler. Je plonge et je commence à avoir peur. J'ai beau nager, je n'avance pas. Je finis par atteindre les rochers que je franchis péniblement pour me retrouver dans un entremêlement de ronces et de palmiers tombés, pourris. Je suis pieds nus.» Denis Seznec, petit-fils de Guillaume, est revenu en Guyane, sur les lieux de souffrance du célèbre bagnard (1). «On m'avait dit de me méfier des chèvres, agressives sur l'île. Mais la seule que j'ai vue était morte dans la maison de Dreyfus. La végétation a tout envahi et on devine à peine ce qui a dû être le chemin central de l'île. Il reste six ou sept cases en très mauvais état, et quelques tombes.» Pas de plage, pas de ponton, plus de chemin, l'île est à l'abandon. Anxieux, Denis Seznec, menacé par des nuées de moustiques, explore ce qu'il reste de l'île du Diable, va jusqu'au banc de Dreyfus (construit bien après son départ), et replonge en direction de l'île Royale.

Appelée également "l'île du Silence", le camp de la Réclusion de Saint-Joseph était réellement le "Bagne du Bagne" dans lequel les condamnés les plus rebelles étaient transférés.

Les 20 hectares de Saint-Joseph ont aujourd'hui un caractère sauvage, avec une nature exubérante qui tente de reprendre ses droits... Les bâtiments n’ont pas été restaurés, mais simplement dégagés de toute végétation envahissante, celle-ci endommageant fortement les murs. Malgré cela, Saint-Joseph est une île au caractère très contrasté : elle est émouvante de part son passé qui fait "froid dans le dos", et paradisiaque avec sa plage de coquillages. C'est sur cette unique plage des Iles du Salut, que vous pourrez, après vous être baignés, installer votre hamac entre 2 cocotiers pour une petite sieste à l’ombre, face à l’Atlantique et bercé par l’alizé du grand large.

Le voilier La Hulotte vous débarquera sur le plan incliné (1) , seul débarcadère de l’Ile. Un chemin fait le tour de l’ile, un autre la partage en deux par son sommet sur lequel se trouve le Camp de la Réclusion. Vous y accèderez par un grand escalier en prenant le chemin de droite en partant du débarcadère. Vous pénétrerez dans ce camp par le dortoir (10), immense salle dans laquelle les prisonniers étaient enchaînés par les pieds, puis vous vous dirigerez vers les cellules de la réclusion (6 et 7). Les cellules sont fermées en haut par des barreaux, les bagnards étant surveillés par les gardiens depuis un chemin de ronde les surplombant. Les condamnés étaient soumis aux travaux forcés 10 heures par jour, une promenade quotidienne leur étant permise dans l’enceinte du camp, de part et d’autre de la rangée de cellules. Ils ne pouvaient communiquer entre eux sous peine de punition, d'où le nom "d'île du Silence". En bout de rangées, quelques cellules sont totalement obscures : les condamnés les plus rebelles y étaient enfermés dans le noir absolu, parfois pendant plusieurs années. En sortant de cette enceinte, vous dépasserez des logements réservés aux familles (5), puis vous arriverez sur la plage de coquillages (8) où une baignade s’impose ! Un cimetière (9) domine cette plage, longé par le chemin qui vous ramenera à l’embarcadère où se trouvent des maisons de gardiens (11) , aujourd'hui réhabilitées en campement de repos pour la Légion étrangère.

Les îles du Salut furent d’abord nommées "Iles du Triangle" de part leur disposition puis "Iles du Diable" du fait des courants marins très forts qui rendaient la navigation difficile, puis enfin les "Iles du Salut" suite à la tragique expédition de Kourou organisée par Choiseul en 1763 afin de peupler la Guyane.

La France venant de prendre le Canada et ayant obtenu une concession des terrains compris entre la rivière Kourou et le Maroni, plus de 14.000 personnes débarqueront sur le continent dans des conditions difficiles et inadaptées. Après les fatigues de la traversée de l’Atlantique, ces individus, hommes, femmes et enfants débarquèrent épuisés et malades sur les plages de Kourou.
Ils s'y trouvèrent sans abris, sans outils, sans vêtement, entassés dans des lieux malsains, attaqués par des milliers d’ennemis rampants et volants, brûlés par un soleil torride ou inondés par les pluies torrentielles...
De ces infortunés, les survivants (à peine deux mille) se refugièrent sur les Iles dites encore "du Diable" où le climat salubre leur permis de survivre. L'archipel prit alors son nom actuel d'Iles "du Salut".

Suite à cette expédition dramatique, les Iles du Salut restèrent longtemps inhabitées, puis on y établit une léproserie qui fut ensuite transportée à Mana.
 
Avec la loi du 08 avril 1852, Napoléon III fit de la Guyane la terre de la transportation. Ces Ilets parurent alors merveilleusement disposés pour l’installation d’un établissement pénitentiaire.
Les forçats furent transférés des bagnes de Toulon, Rochefort et Brest vers la Guyane, par bateau au départ de Saint-Martin sur l’Ile de Ré.

L’Ile Royale, la plus grande, centralise le Commandement des trois Iles. C’est là que se trouvent les bâtiments administratifs et logistiques (maison du Directeur, mess des officiers, hôpital, église, forge, magasins, ateliers abattoirs, porcherie…), ainsi que les forçats "proprement dits".

L’île Saint Joseph, bagne à l'intérieur du bagne, reçoit les repris de justice, et l'île du Diable les déportés politiques, dont le plus connu fut Alfred Dreyfus.

Ce n’est qu’en 1936 que le gouvernement du Front populaire décide de la fermeture du bagne et supprime la peine de doublage (chaque prisonnier libéré devait, avant son retour en France, rester en Guyane un temps équivalent à la peine qu’il venait d’effectuer). En 1946 la seconde guerre mondiale pénalisera le rapatriement des condamnés, certains bagnards finiront leur peine en France.
Le dernier convoi ne quittera la Guyane qu'en 1953, le bagne étant alors fermé et les bagnards entreposés à CHATON.Certains d'entre eux, finissant leur peine de doublage choisiront de rester en Guyane.

En 1964, Le général de Gaulle décida l’ouverture du Centre Spatial Guyanais (CSG) à Kourou. Les Iles du Salut deviennent alors propriété du CNES, car elles sont situées sous la trajectoire de la fusée lors des lancements.
Le CNES y a implanté un site avec une caméra de poursuite, qui filme les premières phases du décollage des lanceurs.

Les Iles doivent être évacuées 5 heures avant chaque tir. Cependant, les lancements d'Ariane 5 ayant généralement lieu en fin de journée (voire en pleine nuit), nous pouvons donc vous y emmener les jours de lancement.

Les Iles du Salut sont aujourd’hui une "destination incontournable" pour toute personne venant visiter la Guyane.

En images

Île du Diable
Île Royale
Île Royale
Île Saint-Jospeh
Île Royale
Les Îles